Vous n’aurez pas manqué de remarquer les récentes annonces de Mark Zuckerberg, fondateur et PDG du mythique réseau social Facebook : nomination d’un nouveau directeur technique, investissement de 50 millions de dollars, création de 10 000 nouveaux emplois en Europe… Depuis plusieurs mois, des articles, publications et vidéos se multiplient sur la toile et peuvent déboucher sur des discussions animées entre internautes. La cause de cette agitation ? Un projet d’envergure, connu sous le nom de « Meta », une nouvelle entité nommée d’après le métavers et qui englobe tout un panel de réseaux sociaux méconnus, de Facebook à Instagram, en passant par WhatsApp. Ce sujet vous intrigue ? N’attendez plus : partons ensemble à la découverte de ce nouvel univers numérique.

Le « métavers », ou metaverse en anglais, est la contraction de « méta-univers ». Plus précisément, l’expression désigne la doublure numérique du monde physique, accessible via Internet. Décrit pour la première fois en 1992 par Neal Stephenson dans son roman Le Samouraï virtuel, ce terme est régulièrement utilisé pour décrire une future version d’Internet où des espaces virtuels, persistants et partagés sont accessibles par le biais d’interactions 3D. Pour ceux qui ont vu le film Matrix ou joué à Animal Crossing, j’ai une bonne nouvelle pour vous : vous disposez déjà de quelques connaissances en matière de métavers.

Considéré comme « le Graal des interactions sociales » par Mark Zuckerberg, cet univers numérique devrait permettre, grâce aux technologies telles que la réalité virtuelle et la réalité augmentée, de démultiplier les interactions humaines en les libérant des contraintes physiques grâce à Internet.

Ainsi, les utilisateurs auraient la possibilité de communiquer avec des personnes situées à des milliers de kilomètres (ce qui aurait pu être bien pratique lors des périodes de confinement) ou encore de rencontrer des inconnus autour d’activités communes. Enfin, cet univers vise également à offrir la possibilité d’acheter ou de vendre des biens ou des services numériques.

Rappelons qu’en 2014, Facebook a racheté Oculus, une société spécialisée dans la vente de  masques de réalité virtuelle du même nom. Cela a largement contribué à faire de Facebook un leader dans ce domaine. Il s’agit donc d’un choix stratégique parfaitement logique, dont l’objectif est de stimuler à la fois les activités de Facebook et d’Occulus.

Pour faire de ce projet une réalité, Facebook a rassemblé des milliers d’heures de vidéos filmées d’un point de vue interne, convaincu que « l’intelligence artificielle sur laquelle reposera le métavers devra développer une perspective égocentrique ». En complément de ces vidéos, le réseau social a également réalisé un ensemble de tests de référence pour les réseaux neuronaux, conçus pour encourager le développement d’une IA plus à même de comprendre ce que cela signifie de se ’déplacer dans des mondes virtuels, et ce, d’un point de vue interne.

Si le projet de métavers reste encore flou pour beaucoup de personnes, il permet à l’entreprise de la Silicon Valley de se démarquer de ses concurrents, aujourd’hui majoritairement occupés à concevoir et à tester de nouvelles fonctionnalités. Une fois développé, ce projet pourrait permettre à Facebook de regagner des parts de marché importantes chez la jeune génération, qui délaisse de plus en plus le réseau. Déjà en 2019, les 12–17 ans représentaient 0,2 % des utilisateurs français, qui avaient une préférence marquée pour des acteurs comme Snapchat ou TikTok.

Si ce projet est devenu un sujet brûlant dans le monde de la Tech, une grande question demeure : devrions-nous nous méfier de ce métavers ? Si le débat concernant la place des réseaux sociaux dans nos échanges au quotidien est devenu monnaie courante dans nos sociétés actuelles, il faut reconnaitre que l’adoption de métavers marquerait une étape significative vers un monde où le virtuel joue un rôle très – trop ? -important. Toutefois, cette réflexion pourrait être prématurée, car Facebook s’est donné cinq ans pour développer son métavers et de nombreux experts s’interrogent sur la faisabilité de ce projet titanesque.  Alors rendez-vous dans cinq ans pour voir toute l’ampleur qu’aura pris ce métavers !

 

Alexandra Corbelli